SPA Normandie
Sévices : la SPA s'inquiète
PROTECTION.En Normandie, le refuge de la SPA est peuplé de chiens ayant été maltraités par leurs propriétaires puis abandonnés dans la nature...
C'est un véritable appel au secours que lance aujourd'hui l'inspecteur-bénévole Michel Bénard. Ce secrétaire général adjoint de la Société normande de protection aux animaux (SNPA) recense pas moins de sept dossiers de maltraitance à animaux survenus ces dernières semaines. « Des chiens attachés aux arbres en forêt, des chats asphyxiés dans un sac-poubelle ou dans un carton, parfois carrément jetés à la Seine, nous en voyons régulièrement. Mais en ce moment, le nombre d'abandons explose ! »
Sa colère est d'autant plus grande lorsqu'il constate l'état dans lequel ces bêtes se trouvent : « Nous venons de récupérer un caniche infesté de tumeurs sur le ventre. Ses propriétaires lui ont coupé l'oreille pour faire disparaître le tatouage qui aurait permis de les identifier ». Ce cas est loin d'être unique.
Parmi les 110 chiens qui dorment actuellement au refuge, « beaucoup ont été lâchement abandonnés et la crise n'a rien à voir avec cela. Les gens deviennent de plus en plus agressifs et irresponsables. Ils prennent un animal sur un coup de tête et du jour au lendemain, leur chien a tous les défauts du monde. Il y en a qui demandent à l'échanger comme s'il s'agissait d'un objet ! D'autres, au mieux, l'abandonnent ; au pire… »
Fautes de preuves et de sanctions…
Doggy, un bouledogue français âgé d'un an, vient d'être euthanasié par le vétérinaire qui ne pouvait plus rien faire pour lui. Le chien recevait de telles « corrections » de la part de son maître, qui lui enroulait le museau de scotch pour ne pas entendre ses aboiements, qu'il en est finalement décédé. « Nous avons déposé plainte, mais le propriétaire va sans doute faire l'objet d'un non-lieu. Faute de preuves et faute de sanctions en règle générale… » Michel Bénard s'avoue écœuré : « Les nouvelles lois condamnent certains chiens mordeurs à mort, mais que fait-on de leurs propriétaires, qui sont souvent à l'origine de ces comportements ? Rien, ou peu. Il y a quelques années à Maromme, un homme a carrément jeté par la fenêtre l'animal qu'il avait l'habitude de maltraiter. Celui-ci est mort. Son maître n'a dû s'acquitter que d'une simple amende. Mais n'est-ce pas un acte de cruauté ? » Les sévices graves exercés sur un animal sont théoriquement passibles de deux ans de prison et 30 000 € d'amende.
J. H.
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