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Le Parlement catalan ouvre la voie à une possible interdiction des corridas

BARCELONE (Espagne) - Le Parlement de Catalogne a ouvert la voie vendredi à une possible interdiction des corridas, une victoire pour les anti-taurins dans cette riche région du nord-est de l'Espagne où la tauromachie est en déclin.

Les parlementaires catalans ont accepté de débattre en 2010 d'une "Initiative législative populaire" (ILP) ayant recueilli plus de 180.000 signatures et qui réclame l'interdiction des combats taurins en Catalogne.

Ils ont approuvé l'examen de l'ILP par 67 voix pour, 59 contre et 5 abstentions. Il s'agit de la première étape d'un processus législatif à l'issue duquel la Catalogne pourrait devenir la première région d'Espagne, en dehors des Iles Canaries, à interdire la tauromachie.

Pro et anti-taurins s'étaient fortement mobilisés tout au long de la semaine sur cette question qui divise la classe politique catalane.

L'ILP présentée par la plate-forme anti-taurine "Prou" reflète la force croissante des opposants à la tauromachie en Catalogne, où seules les arènes de Barcelone organisent encore des corridas.

L'initiative réclame une révision de la loi catalane de protection des animaux, qui interdit actuellement de tuer ou de maltraiter des animaux lors de spectacles publics, à l'exception des courses de taureaux.

Anna Mula, porte-parole de "Prou", avait demandé vendredi aux parlementaires de faire cesser la "torture des animaux comme spectacle", estimant que les corridas ne correspondent plus aux "nouvelles valeurs de la société au 21e siècle".

Les défenseurs des corridas avaient pour leur part publié jeudi un manifeste, signé par près de 300 personnalités catalanes, pour la défense de la "liberté" et du "patrimoine culturel" taurin.

L'éleveur de taureau Victorino Martin, dans une première réaction , a qualifié vendredi la décision du parlement catalan "d'erreur très grave" en faveur d'une "minorité" qui rejette les corridas.

Pedro Baldana, propriétaire de la "Monumental", la grande arène de Barcelone, a estimé pour sa part qu'il s'agissait d'une "atteinte à la liberté" de ceux qui aiment les courses de taureaux.

Le débat est suivi de près dans le sud de la France, où la tradition taurine demeure vivace. Une centaine de personnalités politiques françaises avaient écrit aux parlementaires catalans pour leur demander de rejeter l'examen de l'ILP.

(©AFP / 18 décembre 2009 12h45)


            

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