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L'année de la biodiversité

 

Alain Mochon
La Voix de l'Est

2010 marquera l'Année internationale de la diversité biologique. Pour l'Assemblée générale des Nations Unies qui l'a proclamée, c'est l'occasion d'attirer l'attention de l'opinion publique mondiale sur l'importance de la biodiversité.

Importance... Pourquoi? La biodiversité et les milieux naturels qui la supportent offrent des «services écologiques» dont nous, les humains, bénéficions. À titre d'exemple, les marais et les milieux riverains de la rivière Yamaska Nord, à son entrée dans le lac Boivin, contribuent à améliorer la qualité de l'eau en jouant un rôle de filtre qui retient les matières en suspension et absorbe les nutriments. Ils réduisent également les risques d'inondations en ralentissant la vitesse d'écoulement des eaux et en retenant les pluies en période de pointe. Ces fonctions de régulation profitent indirectement au bien-être humain. Et on pourrait ici évoquer plusieurs autres bénéfices essentiels que nous apportent les milieux naturels.

 

À deux pas du centre-ville de Granby, ces marais et milieux humides supportent un nombre considérable d'espèces de plantes et d'animaux. Ils sont des habitats uniques à l'échelle régionale, stimulant de façon remarquable la diversité biologique qui définit notre patrimoine naturel. Une naturaliste-entomologiste y a récemment découvert une espèce de libellule (Perithemis tenera) qui n'avait encore jamais été observée ailleurs au Québec.

La diversité biologique n'est pas que l'apanage des régions tropicales lointaines. Bien sûr, elle y atteint en ces lieux son paroxysme, mais cette variabilité du vivant se retrouve aussi tout autour de nous. À preuve, des travaux d'inventaire des ressources menés au parc national de la Yamaska en 2006 et 2007 ont conduit à la découverte de trois nouvelles espèces d'araignées jusqu'alors inconnues de la science à l'échelle mondiale. Un dénouement heureux dans un contexte où de nos jours, il est plus commun d'évoquer les problématiques d'espèces menacées ou en voie de disparation. Fait intéressant, cette découverte est maintenant citée dans un manuel scolaire utilisé en science au 2e cycle du secondaire. Outre l'anecdote, ce que cet exercice de caractérisation du vivant révèle de façon éloquente, c'est que la biodiversité de notre patrimoine naturel, celle de nos forêts, nos lacs et nos rivières, reste encore à explorer et à découvrir.

En cette année 2010 qui s'amorce, force est de constater que la biodiversité n'a jamais été aussi fragile. Il n'en tient qu'à nous comme collectivité d'accorder la protection nécessaire aux habitats si essentiels à la viabilité de cette diversité du vivant.

L'auteur est biologiste et gestionnaire parc national de la Yamaska. Il s'exprime ici à titre personnel.


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