LE RITAL QUI BOUFFE DES CHATS
ITALIE
Beppe Bigazzi: «Le chat, c'est délicieux»
Image © Photomontage: DR/Ricardo Moreira
Pour avoir déclaré, sur les ondes de la RAI, apprécier le ragoût de chat, Beppe Bigazzi a été renvoyé de la chaîne publique.
L'animateur d'une émission culinaire vante sa recette de ragoût de félin «avec du céleri et de la sauce tartare» lors de la célébration de la Journée nationale du chat
Laszlo Molnar avec les agences - le 19 février 2010, 22h54
Le Matin
Les Italiens aiment les chats. Enfin ça dépend de la recette. Mercredi, Beppe Bigazzi, qui animait encore ce jour-là, à 77 ans, un programme populaire pour ses recettes, a déclaré sur les ondes de la RAI qu'il les aime «avec du céleri et de la sauce tartare». Un aveu qui lui a valu d'être renvoyé aussi sec de la chaîne publique, car, comble de l'ironie, le scandale est intervenu alors que le pays célébrait la Journée nationale du chat.
La jeune femme de 27 ans qui anime l'émission en compagnie de Bigazzi sur le plateau de la TV a ouvert des yeux ronds en entendant celui-ci se vanter d'avoir dégusté «moult fois» du ragoût de ce félin familier, qu'il trouve «délicieux».
Beppe Bigazzi, auteur de nombreux livres de recettes et d'itinéraires culinaires, a aussi détaillé comment on faisait blanchir cette viande dans la vallée de la rivière Arno, en Toscane. Mais «pourquoi s'offusquer? Les gens ne mangent-ils pas du lapin, du poulet, du pigeon?» avait argumenté la vedette aux cheveux blancs. S'attendant à des réactions des protecteurs des animaux, Bigazzi s'était demandé à l'antenne pourquoi ils ne se battent pas aussi pour les lapins.
Sur le Net, des internautes ont défendu le chroniqueur gastronomique en estimant sur le site du quotidien Il Mattino que manger du chat n'était guère différent de consommer du porc ou du cheval. Mais d'autres ont suggéré de cuire Bigazzi lui-même «dans une vieille baignoire, avec du céleri et de la sauce tartare».
Chats errants
Quant à la sous-secrétaire à la Santé, Francesca Martini, elle s'est insurgée contre cette «glorification du goût de la viande de chat et l'encouragement à le consommer». Elle a déploré le manque de sensibilité du critique gastronomique, et rappelé que le chat est un animal protégé par la loi contre la cruauté, les mauvais traitements et l'abandon. C'est d'ailleurs à la lutte contre la prolifération des chats errants qu'est dédiée la Journée nationale du chat, établie en 1990 après un référendum auprès des lecteurs d'un magazine de fans des chats.
A l'occasion de cette journée, les associations organisent des stands de vente sur le thème du félin et proposent aux visiteurs l'adoption d'un des innombrables chats de gouttière qui ont trouvé refuge dans les ruines et les monuments anciens.
Des mangeurs de chiens et de chats aussi en Suisse
Avoir un chat dans la gorge? D'ordinaire, c'est plutôt désagréable. Mais, en Suisse aussi, certains semblent apprécier cette chair. Voici quelques exemples.
JURA Une paysanne a donné au «Matin», il y a deux ans, sa meilleure recette pour que le matou soit «doux». Selon elle, pour régaler petits et grands, il n'y a qu'une seule façon de cuisiner l'animal: en ragoût. Mais, pour que «cette viande très fine» qui «ressemble à du lapin en moins filandreux» soit vraiment parfaite, il faut qu'elle provienne d'un chat pas trop vieux. La Jurassienne rappelle par ailleurs que, quand elle était jeune, les chats étaient aussi appelés les «lapins des toits, car leur viande est semblable».
SAINT-GALL Manger du chien, c'est aussi banal pour Bruno que d'avaler une côtelette de porc ou une cuisse de poulet. «Je préfère manger du chien que du chat», a déclaré au SonntagsBlick cet agriculteur saint-gallois de 62 ans. «Les chats n'ont pas assez de viande sur les os», a-t-il expliqué. Ce paysan a réduit ces dernières années sa consommation de chiens, mais il avoue en manger au moins une fois par année. Une viande consommée non plus en goulache, mais plutôt fumée, façon viande des Grisons... Comme pour les chats, ce sont les chiots en surnombre à la ferme qui passent à la casserole avant l'âge de 1 an.
FRIBOURG Max, 72 ans, a déclaré au «Matin», il y a quelques années, que «bien sûr, il y a encore des gens qui mangent du chat». Il avait même demandé au journaliste s'il voulait connaître la recette! «J'ai eu encore dernièrement l'occasion de la déguster chez un copain», expliquait-il. Non loin de là, dans la campagne fribourgeoise, le boucher d'un village confirmait, dans le même article, que de la viande de chat et de chien était régulièrement consommée dans la région: «Des personnes m'ont déjà demandé de préparer leur animal, ce que j'ai refusé.»
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